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France - Italie - Sicile - Sardaigne - Corse (Avril-Mai 2003)


Vendredi 25 avril          Revenir au début

16h30. J'abandonne les collègues de Wanadoo, "Bon voyage!", "Bonnes vacances!", j'enfourche mon vélo direction l'appart. Je récupère rapidement mes affaires, je m'équipe et je descends sortir la moto du box, je harnache tout le monde pendant qu'elle chauffe et je décolle pour Dijon.
Vers Fontainebleau, la pluie à qui j'essayais d'échapper m'attrape malgré tout, obligé de m'arrêter pour enfiler la combinaison, ça tombe fort. Heureusement elle se contente de me rincer et ne dure pas trop longtemps. Pour aller à Dijon, je me trompe de route et je passe par Montbard au lieu de Chatillon-sur-Seine, c'est pas trop grave la route est juste un peu moins bien. Du coup j'arrive dans Dijon par l'autoroute et non depuis Is-sur-Tille, je me perds un peu dans le centre ville mais je finis tout de même par retrouver la route d'Oxonne et j'arrive chez Yves (mon cousin) à 22h30. Après quelques bonnes pâtes, au lit, le voyage commence!


Samedi 26 avril          Revenir au début

Départ de Dijon vers 9h00, Yves est déjà parti à 8h pour Paris, en fait on se croise. Je pars donc en même temps que son coloc Paul et sa copine. Ils ont l'air pressés, j'ai à peine ouvert le garage qu'ils sont déjà en train d'attendre dans la voiture. J'accélère le mouvement tant que je peux et je mets vite fait mon casque, blouson, etc... je glisse la combi de pluie sous l'araignée qui tient le sac à dos, un coup d'oeil derrière, Paul est au portillon automatique avec la voiture semblant m'attendre. Je démarre la moto, j'enfile mes gants, j'enfourche ma belle et le temps de faire demi-tour, je m'aperçois avec stupeur que Paul ne m'a pas attendu, il est passé avec la voiture et le portillon est déjà en train de se refermer!! D'un gros coup de gaz j'essaye de glisser ma roue devant la cellule mais j'arrive trop tard et la voiture a disparu. Pinaise! Ah le boulet! il est 9h09, j'arrête la moto et je commence à attendre, ça va le temps est gris mais il ne pleut pas, c'est déjà ça. J'en profite pour finir de m'équiper correctement, je règle ma jugulaire, finis de mettre mes gants comme il faut, j'enfile la combine de pluie, vu le temps c'est plus prudent et je continue à attendre... Les minutes passent et pas un voisin qui rentre des sacro-saintes courses du samedi matin ni ne part. Je suis un peu énervé mais bon à l'aube du voyage, je reste zen, j'aurai surement d'autres contrariétés... 9h29 enfin un voisin bouge, un sportif qui part avec son petit 4x4 et son vélo à l'arrière et là délivrance! la porte du voyage s'ouvre!
Rapidement je prends la direction de Dole, Nationale 5, pas d'autoroute (beuark!), ça roule paisible, et les kilomètres commencent à défiler tranquillement. Arrivé à Poligny ça commence à devenir sympa, début de grimpette et de virolos, par contre mon amie la pluie a décidé de faire partie du voyage. Cepedant elle est sympa elle se fait discrète, la route est mouillée, moi humide mais pas trempé. Ca continue à rouler, on arrive dans le Jura, ça tourne de plus en plus et je monte, c'est le début de la montagne. Finalement après de jolies routes plutôt roulantes, j'arrive en vue du Col de la Faucille et là j'oblique à droite direction le Val de Mijoux comme Flo me l'a conseillé sur le forum Moto-Station, parait que c'est plus joli. Effectivement c'est sympathique, petite route de montagne typique avec les piquets à neige sur les bords, les champs sans clôtures, la lisière de la forêt de sapin qui s'approche et s'éloigne de la route et des amas de vieille neige. Et je descends petit-à-petit sur Mijoux. Arrivé sur place petit coup de fil à Bud-Bud avec qui on s'est donné RDV pour se rencontrer, c'est un autre membre du forum. Message sur son répondeur et je continue sur Bellegarde. Arrivé sur places, emplettes chez Champion, pendant ce temps Bud arrive, on se retrouve dans le parking, lui avec sa jolie Faz 2003 rouge et noire, toute pimpante et moi avec ma vieille 2001 toute crado avec cette pluie sur la route. Papotage pendant que je range mes courses, puis Bud m'emmène dans un petit coin sympa de Bellegarde (ce qui n'est pas forcément évident à trouver) au bord de la rivière avec une petite vue sympa et des bancs. Pic-nic et discussion, entre autres à propos de MS et après il m'offre un chocolat chaud au troquet du coin, j'en ai besoin il fait pas très chaud et en plus la pluie se remet à tomber.
En ressortant je renfile donc ma combine et pendant que la moto chauffe pour repartir direction les Alpes on se dit au-revoir, en espérant qu'une autre occasion de se croiser se présente un de ces 4.
Je file ensuite direction Annecy, que je contourne, mes cousins qui y habitent sont en vacances, le plan "je squatte un coin de pelouse avec ma tente" ne peut pas fonctionner, je continue vers La Clusaz que je traverse sous la pluie et je me lance à l'assaut du Col des Aravis qui m'offre de magnifiques paysages et virages mais avec la pluie et les nuages, je n'en profite pas pleinement. Et pendant cette longue montée au col, je me prends à chanter sous mon casque "Quand te reverraiiiiiiiiiis-je pays merveilleuuuuuuuuux? Où ceux qui s'aiment vivent à deuuuuux" à l'instar de Jean-Claude Dusse coincé sur son télé-siège, je me les caille et je me demande un peu ce que je fais dans cette galère humide. Mais bon en même temps j'aime bien quand les conditions sont difficiles, j'aime bien en chier un peu et je suis servi, je suis trempé j'ai froid mais le paysage est magnifique (et glissant). Une fois le col passé, j'entame la decente, vertigineuse par endroits et je me retrouve à Flumet. Là un panneau attire mon attention: "Crest-Volland x km", je me rappelle soudainement que j'ai des cousines qui habitent à Crest-Volland (oui j'ai de la famille partout...), un éventuel bon plan pour motard trempé et congelé! Le temps d'aller jusqu'au bled, paumé à flanc de versant, qu'il faut atteindre en montant des lacets à travers une forêt bien sombre (vive la pluie), je me rappelle qu'elles n'habitent plus Crest-Volland mais Sallanches!
Petite pause à Crest-Volland pour me réchauffer un peu mais ça manque de café du coin, demi-tour direction Megève puis Sallanches. La descente sur Sallanches doit être très sympa par beau temps, plein de virages, belle route, belle vue, mais bon là il pleut et il fait gris... Arrivé sur place, mission récupérer le numéro de portable d'une des cousines, hé oui le répertoire de mon portable est assez limité et son numéro est dans mon répertoire papier... qui est à Paris. J'appelle alors d'autres cousins pour finir par obtenir son numéro et j'appelle, suspens... où sont elles? Peut-être à l'autre bout de la France? En Bretagne? Et là je tombe sur un message répondeur en 15 langues, m'indiquant que le téléphone ne peut être joint, ou que le numéro n'est pas attribué, je ne sais plus. Ca commence mal, bon tant pis, vu comme je suis trempé, je commence à me renseigner pour un hôtel, je demande à la boulangère de la boulangerie des 4 têtes où je me suis abrité de la pluie (la boulangerie est installée à la place d'une ancienne station essence, il reste encore l'abri des pompes qui sert de parking). J'en profite pour lui acheter sa "spécialité" qui n'est autre qu'une baguette pas mauvaise il est vrai. Maintenant je suis comme un c.o.n avec ma baguette, du coup je prends 5 minutes pour la manger en profitant encore un peu de mon abri. Juste avant de repartir en quête d'un hôtel (camping pas envisageable, tout est trempé, duvet, tente...) je retente d'appeler ma cousine et là elle répond! Gros coup de bol, elles sont en voiture et à 15 minutes de Sallanches, elles rentrent tout juste d'Italie avec ma tante, elles étaient à Venise et rentrent plus tôt que prévu car la grand-mère de ma tante vient de décéder et elles partent en Bretagne. 15 minutes plus tard elles arrivent et en fait la boulangerie est à 150m de chez elles, j'aurai difficilement pu mieux choisir et me voilà débarquant mon barda trempé dans leur appart bien sympa. Ma tante me propose de rester pour la nuit, je ne me fais pas prier, je suis bien content de mon sort. En fait elles sont là juste ce soir, elles partent le lendemain pour la Bretagne. Dans la série, j'ai du bol, difficile de faire mieux, la deuxième fois où j'ai appelé elles sortaient juste du tunnel du Mont-Blanc, à quelques minutes près, je repartais, j'ai drôlement bien fait d'acheter la spécialité de la boulangère!
Une fois sec et changé, la soirée commence, petit dîner sympa, on se donne des nouvelles des uns et des autres, car on ne se voit pas très souvent et après quelques recherches sur le net (sur Donald Sutherland lol) et quelques posts en coup de vent sur MS, direction la couette, yes!


Dimanche 27 avril          Revenir au début

Lever 9h00, une bonne douche, je range le bordel qui est quasiment sec, oublié de mettre les gants à sécher! quel con! Tant pis. Petit dèj et tout le monde décolle, les cousines et la tante pour Orléans puis la Bretagne, moi pour l'Italie.
10h30 c'est le départ, je les abandonne à leur voiture. Je repars sur Megève et là c'est le bonheur, il fait très beau, je profite enfin de la vue extraordinaire sur le massif du Mont-Blanc qu'on a depuis Sallanches! Un panorama magnifique, la route est sèche, ça virole costaud, je m'éclate!! Quelle récompense après la journée d'hier! Après Megève direction le col des Saisies, Notre-Dame de Bellecombe puis Beaufort. A Beaufort, je vois "Cormet de Roselend : Fermé", merde, tant pis j'y vais quand même, ça se trouve ça passe. et je commence une lente ascension vers le lac de Roselend et le fameux Cormet, petite pause au col et avant de partir à gauche direction le Cormet, je file à droite voir le barrage. et là quand je sors de la forêt, c'est le choc, un lac de montagne à demi-vide, un barrage et tout autour un majestueux panorama de pics enneigés, magnifique!! Je crie de joie tout seul dans mon casque "wouhouuuuu!" et je me gare pour prendre des photos.
Petit tour sur le barrage puis je repars vers le Cormet, à nouveau je vois "Route barrée à 4 km", allons voir, je fais le tour du lac et j'arrive au petit pont qui enjambe le torrent qui alimente le lac. Pas mal de voitures garées et je découvre qu'a priori le passage est impossible, un haut tas de neige barre le pont sur toute sa largeur, on peut juste passer à pied. Je suis dépité car après la route semble sèche, mais en fait je ne sais pas comment elle est plus haut... du coup je pic-nique là en nourrissant aussi mes yeux du paysage superbe. Je repars dans l'autre sens, refranchis le barrage et je tente de passer par l'autre côté mais là encore la neige m'arrête, je suis 300 ou 400m plus haut que le barrage mais 100 mètres de route enneigée me barrent le passage, je suis quasiment au col!! et c'est le côté à l'ombre, il suffirait d'un rien pour que je puisse passer. Je prends quelques photos qui je l'espère seront superbes et nettes (appareil photo un peu déficient).
Je me résigne à resdescendre par là où je suis arrivé, il va falloir que je passe par Albertville, la descente est sympa mais ça gravillone pas mal. Retour dans la vallée, direction Albertville, la route devient très propre, je m'amuse bien. Albertville, je prends la N90 qui a tout d'une autoroute, au panorama près. il n'y a qu'en arrivant dans la vallée de la Tarentaise où la N90 redevient en circulation à double sens que ça commence à être très sympa, très belle route viroleuse. Au fur et à mesure qu'on monte, le panorama se remet à couper le souffle. Je continue mon ascension jusqu'à Tignes, puis Val d'isère mais hélas le col de l'Iseran est lui aussi fermé! Et encore il est fermé à 2100m mais lui même est à 2762m d'altitude!! Je mesure sur la carte des pistes de ski combien le col est haut, je reviendrai!
A nouveau résigné, je redescend jusqu'au croisement de la route qui grimpe au col du Petit Saint-Bernard 20 kilomètres en arrière. De nouveau une belle montée en lacets, toujours aussi belle, cernées de panoramas vertigineux. Arrivé en haut, col fermé! Bon ok je renonce à passer par un col, je redescend une fois de plus sur Albertville et je file direction la vallée de la Maurienne et le tunnnel du Fréjus.
Après 50 kilomètres de route de vallée plutôt sympa, j'atteinds le tunnel et je raque: 16€90!! pour un aller-simple (pour l'Italie, youpiiii!) C'est parti pour 13 kilomètres à 70km/h et avec 150m d'écart entre les véhicules, caméras de surveillance partout, radars, manque que les mines laser... Pas le choix, les kilomètres défilent à une lenteur exaspérante et enfin au bout de 6 kilomètres je vois le panneau "Italia" (yiiiihaaaa 8-D) Allez plus que 6 et je vois le ciel italien! Le tunnel débouche enfin et je file sur la petite route qui va vers Turin, ça virole sec et le plaisir est là mais il fait bien frais, j'ai hâte d'atteindre la plaine et j'espère y trouver quelques degrés supplémentaires. En roulant je m'interroge sur le code de la route italien, bizarre, je me fais doubler dans les virages et sur les lignes blanches, elles doivent juste servir à délimiter les deux côtés de la route, pas comme chez nous, ou alors... Plus loin je trouve des lignes pointillées, et mon soupçon se confirme, les italiens sont bien des conducteurs latins :-D.
En arrivant sur Avigliano, j'aperçois un panneau camping, il est 20h30, c'est pas trop tôt, avec toutes ces tentatives de cols (Alpes 3 - Lomic 0) j'ai fait quelques kilomètres! A 21h je trouve un camping encore ouvert et je me place à l'endroit indiqué, je monte la tente et je me pieute rapidement et je mets par écrit les journées écoulées depuis le départ de Paris. Le petit problème du camping c'est qu'il est à 800m d'altitude, au dessus d'un lac (brouillard humide) et au bout d'1h o 2 le froid me réveille, mon duvet n'est pas assez chaud. Il est prévu pour être confort à partir de 15°, je regarde le thermomètre du téléphone: 8°! et dire qu'il est souvent optimiste de quelques degrés... Evidemment je pars en Italie et à moto donc j'ai pas de pull ou de polaire, je renfile donc le jean, le cuir et je tente de me rendormir, pas plus réchauffé que ça. J'ai toujours froid, le sol est bien dur, c'est décidé demain, je m'achète un matelas gonflable!! Ca m'isolera du sol et j'aurais pas le dos cassé toute la nuit, surtout après des grosses journées de moto, si je dors mal je vais pas y arriver! La nuit passe lentement, très lentement...

Lundi 28 avril          Revenir au début

Je me lève finalement bien avant que le réveil ne sonne et je commence à nettoyer la moto pour me réchauffer. J'attends que le soleil italien se montre et me réchauffe mais une couche de nuages réfreine ses ardeurs, ça caille! Après ce réchauffage/nettoyage, je remballe tout le matos et je pars encore bien gelé.
Je reprends la route de Turin, rien de bien intéressant, route de plaine, toute droite ou presque, mélange de zones industrielles, de campagne et de petites villes.
Turin, je file plein centre histoire de plonger un peu plus au coeur de l'Italie, l'architecture me confirme que j'y suis bien et les façades aux couleurs pastel m'apportent un peu de chaleur. La ville est malgré tout assez sale, fils électriques partout, traces de pollution sur les murs, tout ça lui donne l'air d'avoir des toiles d'araignées. Je me perds un peu pour ressortir de Turin et je me retrouve au nord-est de la ville, tant pis je coupe à travers la cambrousse, au soleil, pour rattraper ma route. Cette petite route de campagne est bien jolie, des virolos partout, de jolis villages perchés sur leur colline, ça ressemble à l'Italie comme je me l'imaginais, façon huile d'olive et pâtes de pub.
Une fois ma route rattrapée, le train-train reprend, c'est à nouveau tout plat, pas très joli...
L'arrivée sur Genova est heureusement beaucoup plus amusante, une petite chaine de montagnes à franchir, mais de gros nuages gris s'ammoncellent au sommet et quelques gouttes de pluie me fond craindre un versant génois pluvieux, l'est où le soleil italien? Remboursez! J'enfile la combinaison de pluie que j'avais rangée tout au fond du sac, normal, je vais en Italie pas en Bretagne :-B
Fausse alerte heureusement et après une grimpette virolesque et joyeuse, une belle descente encore plus viroleuse m'attendait avec le soleil!! J'aperçois enfin la Méditerrannée toute bleue et la ville de Gènes. Je m'y promène un peu ou plutôt je fais genre je sais où je vais et j'essaie surtout de pas me paumer (un peu raté, je fais quelques tours de manèges gratuits) mais je finis par trouver un "Bancomat" pour tirer du liquide, de quoi faire le plein, etc... et ça tombe bien un vigile de la banque en grand uniforme (et solaires Oakley) va garder la moto pendant que je retire, grazzie mille!
Cette formalité accomplie, je me hâte de filer vers La Spezia par la petite route de la côte. Et là c'est le grand panard, route nickel, tournicoti-tournicota permanent, dans un décor de villas, de cyprès, de pins maritimes et de palmiers, un vrai décor de jeu vidéo, manquent pas de sous ici!
Je fais une pause sur un promontoire où une jolie église regarde la mer. Je prends quelques photos de cette côte riche et très belle. Et c'est reparti, cette fois-ci plus de maisons, toujours cette route superbe mais cette fois en forêt, à flanc de montagne, franchissant la crête alternant paysages de mer bleu turquoise et forêt ou arrière-pays verdoyant.
Je croise de nombreux confrères, vétus de cuirs bariolés, casques réplica, chevauchant les dernières hypersport du moment. Plus loin j'en croise un groupe en pause cloppe/comparaison de BDP/usure de slide :-D, le dernier 600 CBR, 2 ZX636RR, un gex, look total réplica façon Rossi, pas loupé, me voyant passer ils se préparent à me manger tout cru, ça traine pas, quelques kilomètres plus loin mes rétros s'allument et j'entends les pots d'échappement qui se la donnent (quand la musique est bonne... bonne... bonne). Je me fais déposer proprement, je peux admirer le ballet de trajectoires et de posage de genou sur quelques virages encore et ça y'est ils ont disparu, je ne tente même pas de suivre le rythme. Je les retrouve quelques kilomètres plus tard en train de s'attabler à la terrasse d'une tonelle, une petit godet avant le prochain coup de tourniquet. Joli terrain de jeu ma foi!
Les laissant là je continue ma route tranquille, à l'allure d'un gars qui a encore beaucoup de kilomètres devant les pneus (lopette quoi). Arrivé à La Spezia, je me dirige vers Pisa, la route redevient un poil monotone mais au moins la moyenne est bonne, parce que Genova->La Spezia, 100km, 2h30!! bon ok je me suis arrêté prendre des photos (lopette aussi, oui oui j'assume :-B). Un peu avant Pisa, à Massa, je trouve un Carrefour, une heure de galère pour trouver l'entrée! J'y achète de quoi manger et surtout un matelas pneumatique, objet qui depuis me procure de douces nuits après les longues journées de chevauchée solitaire, j'ai encore froid grâce à mon super duvet, mais le confort a grandement progressé.


Mardi 29 avril          Revenir au début

Le lendemain matin, je décampe assez tôt pour être à Pisa avant les bataillons de touristes, c'est presque réussi, il n'y a qu'un car de devinez-quoi? de Français!! Arg! Pas grave, je me balade dans la ville, à moto d'abord puis à pied. Deux-trois photos de la tour qui penche et je file, l'ambiance usine à touriste me fait fuir.
Direction Firenze, route tout simplement nulle, continuité d'agglomérations, route droite. J'en profite pour me trouver un tube de crema solare parce que ça y'est je suis en Italie pour de bon, soleil inclus et ma nuque et mes pommettes vont rotir si je me protège pas un peu. Quelques kilomètres de grimpette avec épingles me réconcilient avec la route.
Arrivé à Firenze, le cirque recommence, je me frayes un passage jusqu'au centre historique, clic-clac merci kodak et je me sauve répondant à l'appel de la route. Je prends encore quelques photos depuis le belvédère sur une colline surplombant la ville en partant vers Sienna.
A moi la Toscane! Route superbe paysage typiques, belles villas et cyprès, relief très joli, petites collines verdoyantes couvertes de bosses que les cultures adoucissent, du blé sans doute? ou une céréale pas encore grillée par le soleil qui colore toute la campagne d'un beau tapis vers molletonné.
Je traverse ensuite la province du Chianti, plus vallonée que la Toscane, plus de champs d'oliviers et de forêts. Je monte jusqu'à Castellina in Chianti où je m'arrête écrire quelques cartes postales à l'ombre de l'église, sur la place du village. D'ici on domine le Chianti, au loin la Toscane, superbe paysage étouffé de chaleur.
Peu après, continuant ma route, j'analyse le trajet parcouru, je ne suis ni en avance, ni en retard sur mon planning mais je réalise que je vais devoir zapper une étape si je veux pouvoir profiter des iles. Je décide donc de zapper Rome que je connais déjà un peu et je n'ai pas envie de me refaire Firenze en deux fois pire. Je contourne donc l'urbs mais je réussis quand même à aller me paumer dans les faubourgs histoire d'aller montrer à ces fous de romains qu'à Paris aussi on sait conduire :-D et je file assez rapidement.
Je rattrape le "périph" et je fais le tour par l'ouest direction Napoli. je dois mettre de l'essence et manger un morceau, un Mc Do équipé d'un Bancomat à côté d'une station fait mon affaire.
En ressortant je tombe sur un carabinier en train d'inspecter la moto. Quand il me voit il me dit d'un air sévère "questo la moto" (quechio? cueccio?) croisant ses poignets les poings serrés (menottes?). Je regarde alors ma moto et je vois qu'une sangle du sac à dos pendouille "innocemment" sur la plaque d'immatriculation... oh zut alors, je vais arranger ça tout de suite monsieur l'agent. Je rattache tout ça comme il faut et il me laisse filer sans faire plus d'histoire, ouf!
Je rattrape la Via Catilina direction Napoli et je me mets en quête d'un camping, les kilomètres défilent, l'heure tourne, toujours pas de camping, à force je me résoud à prendre une chambre d'hôtel. Je vois à un moment sur l'autoroute Novotel 14km, ok va pour le Novotel, 14km plus loin aucune trace! Tant pis continuons, la fatigue commence à se faire sentir, il est 21h et je suis sur la moto depuis 8h du matin. A nouveau un Novotel annoncé sur l'autoroute, bon celui-là je vais le trouver! Au km indiqué il y a effectivement un Novotel, mais de l'autre côté! Je prends la première sortie qui en fait n'est qu'une bifurcaion d'autoroute!! Je me retrouve à rouler vers Napoli!
J'en ai marre, ça fait des heures que la nuit est tombée, je passe rapidement à côté de la silhouette sombre du Vesuvio et je continue cherchant le moindre hôtel.
J'atteins finalement Salerno(comme Sabrina... boys-boys-boys are looking for the good time...), je vais bien trouver un hôtel ici non?
Effectivement j'en trouve, mais à chaque fois, la même réponse: "plein", j'essaye plusieurs hôtels en centre-ville, pareil, et là que vois-je? une floppée de touristes qui sortent d'un bus et qui rentrent à l'hôtel. Devinez-quoi? ce sont des Français!! Tous en séminaire à Salerno, tous les hôtels sont pleins, de Français, au secours!!
Après avoir essayé encore 5 ou 6 hôtels et tourné une heure en ville, j'abandonne, ras-le-bol il est 1h du mat' je vais finir à dormir dans un parc.
Résigné je quitte la ville et là ô miracle, je tombe sur un nid à campings le long de la côte, des campings partout!! J'arrive au 1er "Aperto tutto l'anno - Aperto 24H" mouais n'empêche qu'à 2h du mat il est fermé et y'a personne! J'en essaye encore 3 ou 4 autres et enfin j'en trouve un où le gardien, dormant dans sa voiture devant la grille est réveillé par le moteur de la moto.
Après quelques palabres il me laisse rentrer, c'est que je fais des progrès en italien (ou alors pitié). Il me montre mon emplacement et je monte la tente en vitesse, gonflage du matelas (21 inspirations pour la partie principale, à force j'ai compté) et enfin dodo!! Quel bonheur après cette très très longue journée, il est 2h30!

Mercredi 30 avril          Revenir au début

Le lendemain matin vers 9h, je sens le soleil qui chauffe la tente, enfin une nuit où je n'ai pas eu froid! En plus la tente était facile à monter, un terrain de sable dense, parfait pour les sardines. Le camping est en bord de mer, je vais goûter l'eau en me levant, un peu fraiche, je file sous la douche, que c'est bon de se sentir tout frais, surtout après une douche froide :-D.
Séquence rangeage du matos, faisage du sac et autres trucs en "age" typiques du camping et me voilà devant la grille payant mon du et filant vers le sud. J'ai une assez grosse étape aujourd'hui et je ne sais pas si ça va être roulant. En fait c'est mixte, très roulant et très bof quand la côte est plate, magnifique dès que le relief se montre. J'en profite une fois de plus pour faire des photos qui ne manqueront pas de déclencher des envies de voyages en Italie.

Anecdote
Sur l'une des portions de ligne droite, j'aperçois au loin la voiture bleue-marine liseret blanc des carabinieri, je modère mon allure discrètement parce que quand même... faut pas pousser. A mesure que j'avance, je vois que l'un des deux agite de plus en plus fébrilement son petit baton blanc avec un cercle au bout, je dois ralentir? C'est ça? Ca veut peut-être dire "arrêtez-vous", je ne sais pas et la réponse ne m'intéresse pas, je fais un signe de tête amical en passant et je trace sans attendre. Je surveille mes rétros pour voir s'ils démarrent l'Alpha ou s'ils lachent l'affaire. Apparemment ils ne sont pas décidés à me faire payer mon impertinence, ils ont du voir ma plaque (mama mia, uno francese!), ouf!

Le Golfo di policastro est particulièrement magnifique! Après, route toute droite jusqu'au Golfo di St Eufemia où je retrouve du relief. La dernière partie est superbe, belle route et soleil rasant sur la Sicile que je découvre depuis les hauteurs...
Arrivée à Villa San Giovanni vers 16h30, je me glisse tout de suite dans la file d'attente pour le ferry, il y en a un toutes les 15 minutes donc ça passe assez vite. Après avoir payé mon passage (juste 5 euros) j'embarque rapidement et une demi-heure plus tard, vers 17h15 je suis en Sicile!! Je ne m'attarde pas sur Messina qui me semble bien laide. Si je repasse par ici un jour, j'espère avoir plus de temps devant moi, la ville a certainement ses bons côtés aussi.
Sur le ferry, j'apprends le décès de mon cher grand-père, je suis bien loin du Finistère, trop loin pour envisager un retour, je suis en pensée avec toute la famille et j'emmène mon grand-père dans ma balade sicilienne.
Sorti de la ville, je fais le tour par la côte, ça devient nettement plus joli, rocailleux et viroleux avec en fond le solei qui se couche dans la mer. 30km plus loin, un camping sympa me tend les bras, planté au milieu des oliviers, pas grand monde, je me présente, montre mes "documenti", commande un jeton pour la douche chaude et je m'installe. Mes voisins sont Hollandais, Allemands ou Italiens, ouf! Pas de Français ici!
Une fois installé, j'attrape mon calepin, mon stylo, je me cale sur un boitier électrique en guise de table, sous le lampadaire du camping et j'écris ces quelques lignes. Quelques pages plus tard le sommeil me prend en traitre et je m'avoue vite vaincu, au dodo!

Jeudi 1er mai          Revenir au début

Rodia -> Castellamarre del Golfo. Aujourd'hui, je décolle avec le soleil, il fait déjà bien chaud et je teste la moto à la sicilienne: lunettes de soleil en guise de casque... hé ben je sais pas comment ils font les gars, j'avais des larmes qui coulaient des yeux et je me sentais tout nu et super vulnérable. J'ai vite remis mon casque. La route est variable, beaucoup d'agglomérations pas très jolies, un peu de relief et de virolos mais je sais qu'après Santa Agata di Miribelo, je file à l'intérieur des terres et ça devrait être plus joli. En attendant les quelques caps et la mer m'offrent quand même hors des villes de beaux spectacles.
Passé Santa Agata, je pique à gauche par la S289 et je passe très rapidement du niveau de la mer à plus de 700m d'altitude, inutile de préciser que ça tournicote sec et la route est impeccable! Le plaisir des pneus et des yeux! Je découvre peu à peu l'intérieur de la Sicile, couvert de verdure, d'oliviers et de vignes. La route sinue bientôt au milieu d'une forêt de chênes aux feuilles vifs contrastant les troncs sombres.
Au cours de la montée, une superbe auberge pizzeria campée au milieu des chênes, avec ses tables dressées de nappes à carreaux, m'appelle à un festion digne d'Astérix mais une fois de plus j'ai droit à un "tutto pieno". Je continue donc ma route, toujours aussi belle, la faim tenaillant mes entrailles. Au fur et à mesure, je me rends compte qu'il y a du monde partout dans les sous-bois, ça pic-nique et barbecute de partout, les Siciliens sont venus chercher la fraicheur à l'ombre des arbres.
J'arrive finalement à la Portella de la Femina Morta, col sis à 1524m tout de même, sur ma gauche j'aperçois la route qui mène au Monte Soro que je délaisse. Plusieurs centaines de mètres plus loin, je découvre à travers les arbres un volcan au sommet enneigé et fumant, espérant trouver une bonne vue un peu plus loin, je continue mais ça commence à redescendre. Je décide donc de faire demi-tour et d'aller voir depuis le Monte Soro d'où l'on doit finalement avoir une belle vue du volcan.
Je remonte, quelques virages, puis je pique à droite vers le Monte, je ne tarde pas à rendre la main, la route est constellée de trous, de la taille d'un ballon de foot à celle d'une voiture, autant dire que parfois il n'y a pas de chaussée. Au bout d'un kilomètre elle disparait d'ailleurs complètement pour laisser place à un chemin à la limite du carrossable. Qu'à celà ne tienne, on traite souvent ma Fazer de tracteur, ça fait longtemps que j'ai pas fait de cross, allez zou! hue cocotte on va leur montrer ce dont tu es capable! Et effectivement ça passe, en 1ère, évitant les ornières, les grosses pierres et les bauges à sangliers. Petit à petit je gravis les 150m d'altitude qui me sépare du sommet, je passe même entre des congères de neige, je n'imaginais pas en trouver en Sicile!
Après 6km d'un itinéraire digne du gamelle trophy, j'arrive au sommet où tronent de nombreuses antennes, radars et autres bassines, "zona militare, vietato l'accesso", ok en plus on voit pas tellement le volcan, pas mieux que depuis le col!
C'est reparti pour le gamelle trophy, en descente cette fois, attention au frein avant... l'avantage c'est qu'il y a moins besoin de gérer la motricité, la pente se charge de faire avancer la moto. Retour au col, je m'arrête près de l'un des camions qui proposent grillades, boissons, glaces... Je commande un hamburger maison, fait de saucisse grillée, ketchup, pain grillé, avec plein d'oignons (miam :-B). C'est bien bon et avec un coca glacé ça descend tout seul vu la chaleur. Je discute un peu avec les deux gars qui tiennent le camion, ils me demandent d'où je viens, par où je suis passé tout ça... ils m'offrent du rab de grillade "mangiare! mangiare! e bono" effectivement c'est grillé à point salé et parfumé aux herbes, je me régale. Je règle mon déjeuner et je pars en remerciant ces grilladins accueillants, compagnons de causette avec les mains, je fais des progrès en italien.
Je descend maintenant vers Cesaro, la route est toujours impeccable, les virolos aussi et le panorama se dégage, je sors petit à petit de la forêt de chênes, signe que je perds de l'altitude. Je vois encore le volcan et j'ai une vue superbe sur l'intérieur de la Sicile. La route continue comme ça à monter, descendre, remonter, virevoltant de virages en virages.
Après Cerami, je m'offre même un peu de hors-piste imprévu, peut-être un instant d'absence, une hésitation, un regard distrait, la Faz qui a aperçu un chemin qui descend de la route vers des bergeries se jette dedans et moi avec. Heureusement je commence à la connaitre cette coquine et je maitrise plus ou moins l'ensemble de façon à pas finir à terre, c'est pas passé loin!
Plus loin je tombe sur un troupeau de brebis qui martèle le bitume en bêlant, accompagné du berger et de son chien, je passe au ralentis à moitié au milieu de tout ce monde qui s'écarte du gros loup noir à moteur, un petit signe de tête au berger et je reprends à travers ces paysages de champs de fleurs, de blé, de pissenlits et d'oliviers.
Mine de rien (ou gisement épuisé) les kilomètres ne défilent pas très très vite et je ne vois pas de zone avec camping à proximité... et je n'ai toujours pas mangé. Je passe Nicosia, Gangi, Petralia Soltana et j'attaque la montée vers le Piano Battaglia, route superbe, très sauvage, rocailleuse, des batons à neige délimitant la route, qui doit être fermée une partie de l'année. Et ça grimpe jusqu'à 1648m, le col me dévoile la mer au loin, de nombreux Siciliens ont fait la balade jusqu'au Piano, la fraicheur ici est très agréable et quelques photos plus tard, je descends vers Collesano d'où je repars vers Scillato puis Caltavuturo.
A Caltavuturo une scène digne du parrain ou des vieux films de gangsters siciliens, la fête du village avec le cortège et la fanfare qui quitte l'église d'un pas lent et se dirige vers on ne sait quel banquet dressé quelque part. Plutôt que de suivre le cortège, je coupe par les petites rues, ce qui au vu de ma parfaite connaissance des lieux est plutôt hasardeux mais se révèle payant, je rattrape ma route de l'autre côté du village.
Je commence à trouver la route longue, toujours pas de camping, il est déjà 19h00 et sur ma carte pas de camping avant la côte dont je suis encore loin. Je décide une fois de plus d'écourter mon road et de filer sur Palermo par une route plus roulante.
Finalement j'arrive à Palermo et rapidement je commence à faire le tour. Sur le périphérique, deux motos bien chargées me doublent soudain, surprise ce sont deux couples de Français! du Gard! Je décide de les suivre pour savoir où ils vont, qui sait, peut-être en Sardaigne comme moi? Nous filons à vive allure dans la ville, j'ai l'impression qu'ils ont peur de louper leur bateau. on arrive en zone portuaire et ils demandent à un gardien où est leur ferry. Peu après, je profite qu'ils s'arrêtent pour leur demander où ils vont. "Genova!" me répond l'un d'eux en italien, n'ayant même pas réalisé que je lui avais parlé français (à moins que j'ai parlé italien sans le vouloir).
Ce n'est pas ma destination et je ne vois pas de ferry au départ pour Cagliari, je reprends donc ma route vers Trapani et surtout un camping. Il fait nuit, j'espère trouver rapidement et je suis fatigué après ces quelques 400km de routes de montagne. Voulant prendre l'autostrade, je me trompe de sens et je sors à la première sortie, impossible de repartir dans l'autre sens, je suis énervé, ça me saoule de rouler pour rien! Enfin je parviens à prendre l'autostrade dans le bon sens.
Je laisse passer quelques sorties et je me décide à sortir à Partinico qui devait être l'endroit où mon road rejoignait la côte. Comme un c-o-n je ne regarde pas ma carte et dans Partinico je file sur Santo Ciripello qui est dans la montagne. Je me suis fait avoir, les directions sont mal indiquées et il fait nuit. J'enrage un peu plus, deux fois 10 kilomètres qui me font reperdre 1/2h. Retour à Partinico, bizarrement arrivant d'un côté du bled et ressortant de l'autre, je me retrouve encore sur la route de Santo Ciripello! Cette fois je sors la carte et je trouve la bonne direction: Terasini!
Je rejoins la côte, Trappeto, Ballestrate, etc... et coup de bol juste avant Castellamarre, je tombe sur un camping, il est 23h et c'est ouvert, personne à l'accueil. Je m'installe à côté d'une tente près de laquelle trônent deux Harley Davidson dont une décorée très richement dans le plus pur style "Buffalo Bill" (voire Grill) discret et raffiné :-D.
Je monte le camp et à minuit je suis au fond du duvet, enfin! Il me reste juste 45km avant Trapani, j'y serai vite demain.

Vendredi 2 mai          Revenir au début

Je me lève vers 7h30 quand le soleil commence à chauffer la tente, je remballe rapidement et en partant je passe à la "Direzione" mais il n'y a toujours personne, j'aime bien le camping gratos!
Derniers kilomètres avant Trapani, j'arrive vers 9h et je finis par trouver le guichet de la Sangestour qui vend des billets pour partout et entre autres la Sardaigne. Mais la demoiselle ne me propose rien avant le 6 mai! Pas possible, et si je pars en Palermo? Demain à 19h00? Ah voilà qui est nettement mieux, una personna, una moto, grazie, 73€ de plus dans les caisses de l'agence et me voilà avec 2 jours devant moi pour profiter encore de la Sicile.
J'en profite pour monter à Erice qui domine Trapani de plus de 700m, très belle montée au milieu des jardins en terrasse, d'en haut on domine toute la pointe ouest de la Sicile. Les iles Levanto et la mer m'offrent de beaux clichés.
Descente par l'autre versant, la route est toute neuve, le bitume bien noir permet toutes les fantaisies dans les lacets qui s'enchainent. Je continue en longeant la côte, je prends mon temps. Un petit arrêt à Bonagia pour admirer la mer, eau bleu turquoise au bord et bleu sombre au large, encadré d'un côté par les hauteurs d'Erice et de l'autre par le Monte Cofano qui à tout d'un volcan, le Golfo di Bonagia est très beau.
Retour sur la S187, direction Castellamarre, je décide de retourner au camping gratuit et après quelques errements dus à une route barrée mal signalée qui me vallent encore un bel exercice de moto-cross finissant en impasse, je finis par retrouver le camping.
Encore personne à l'accueil! Je me réinstalle à la même place qu'hier, les gars en Harley sont toujours là du moins leur tente, ils doivent être partis en balade.
Une fois installé, je descends à la plage de sable fin qui borde le camping, je profite du soleil et de l'eau mais elle n'est pas bien chaude, heureusement que je suis plus habitué à la Bretagne qu'à la Méditerranée du coup j'arrive à me baigner histoire de... Elle doit être à 18° à tout casser, vu la température de l'air ça fait une belle différence!
De retour de ma baignade tonique, je croise enfin le "Diretore" auprès duquel je régularise ma situation d'aujourd'hui, celle d'hier semble inconnue, je ne réclame pas :-)
Situation réglée, je profite du temps libre pour faire une lessive, la Fazer et le grillage me servent de support pour ma corde à linge, tout ceci est d'un grand chic, ça c'est la moto! :-D. Pendant que tout sèche je couche sur le carnet mes dernières "aventures".
Ce soir, je mange une pizza ou des pasta au resto du coin puis je me couche pas trop tard histoire de me reposer. Je ne sais pas encore ce que je ferai demain, on verra bien, en attendant, pour une fois je suis à jour dans mes notes, pas de décalage horaire aujourd'hui, pas de journée à rallonge, très peu d'heures sur la moto (juste le matin). Ca fait du bien de se reposer!
Petit resto sur l'avenue qui longe la mer, le cadre est sympa, vue sur le coucher du soleil, par contre ça fait un peu bizarre d'être tout seul au resto mais bon... j'en profite pour manger comme 4, une pizza al tono pas terrible (un comble) et un rizzotto que Maman faisait bien mieux... déception... le coca bien frais et le dessert sont à la hauteur de mes espérances cependant. Allez une bonne nuit de sommeil pour digérer tout ça!

Samedi 3 mai          Revenir au début

Lever tranquille vers 9h00, bonne douche fraiche, rangement tranquilou. Les Suisses s'en vont, des Français arrivés hier soir restent, le va et vient habituel du camping, celui-ci est petit et convivial, et il n'y a pas encore grand monde à cette saison.
Je vais payer mon du, 15€ tout de même, pas donné le camping, je suis content d'avoir une promo 1 nuit achetée, 1 nuit offerte (pas officielle).
Je file ensuite vers Segesta, j'ai vu sur la carte de l'Office du tourisme qu'il doit y avoir de belles ruines de temple grec et la route pour y aller est bien sympathique. Je me retrouve à nouveau au coeur de la Sicile, au milieu des champs. Au détour d'un virage, j'aperçois mon temple, il a l'air superbe, posé sur une colline au pied d'une petite montagne.
En arrivant, vision d'horreur, un grand parking plein de cars et de camping-cars, une autostrade de l'autre côté, une voie ferrée, je suis arrivé par la petite route... Je prends rapidement une photo de la japonaise sur fond de temple grec, essayant de cadrer le temple et la moto, sans les cars et les touristes. Je me sauve vite fait avant que quelqu'un aie l'idée de me faire payer le parking.
A nouveau dans la cambrousse sans touriste, c'est bien plus sympa, petit arrêt à la fontaine d'un village pour remplir la gourde, deux siciliennes me cèdent la place, elles sont en train de remplir les bouteilles pour la semaine, grazzie mille!
Retour à Castellamarre puis route de la côte jusqu'à Partinico (à chaque fois je pense aux Nicos que je connais :-D).
Je veux monter au Sanctuario del Romitello, qui m'a l'air d'un beau point de vue sur la région. Première montée mais je me trompe à une bifurcation, je me retrouve sur une route perdue dans la montagne qui finit en cul-de-sac, mais c'est joli et la vue est belle, j'ai le temps, pas de souci.
Descente jusqu'à la bifurcation, je prends la bonne cette fois, une belle série de lacets, je double péniblement deux bus remplis de pèlerins qui se trainent et ne me laissent pas passer, ce qui ne leur aurait rien coûté et m'aurait permis d'économiser embrayage et avant-bras. Une fois les pachydermes dépassés, je continue à monter et je prends à droite alors que ça continue à monter, une inspiration comme ça. Jolie route de montagen, pas un chat et je monte vers le sommet du Monte Gradana à 1194m. Je croise dans une forêt de sapins une vache qui a pris là ses quartiers d'été, pas folle, air pur et frais, pas embêté par les voisins ni les touristes.
Plus haut c'est le sommet, occupé par des antennes et autre matériel militaire, "vietato l'accesso", je commence à avoir l'habitude, quelques photos de la belle vue et descente, je recroise la locataire du bois de sapins et j'arrive là où j'avais piqué à droite, je remonte à gauche mais quelques virages à peine plus loin j'arrive au Sanctuario, gros parking plein de bus, ambiance Lourdes, ok je file!
Direction Palermo par la S624, valse entre les parois rocheuses puis débouché sur un long viaduc en hauteur au dessus de Palermo, grande descente rapide et me voilà au coeur de la ville. La chaleur est étouffante, les deux-roues et les autos se klaxonnent dans tous les sens, je branche tous mes yeux, pas le temps de regarder les "bella ragazza".
Passage à l'embarcadère, repérage des lieux et du quai pour la Sardaigne, puis achat de cartes postales et scéance écriture dans un coin tranquille à l'ombre, en regardant les bateaux du port.
Je reprends la moto pour aller voir Mondello, LA plage de Palermo, que j'avais déjà vue de nuit l'autre jour suite à mes égarements autour de l'autostrade, de jour c'est nettement mieux, la plage est bondée, ça bronze de partout et le plan d'eau est envahi de planches olympiques et de lasers en régate. Une fois mon petit tour effectué, je revient sur le centre ville, je fais 3 course au Conad (sans "r") et direction le port.
Devant le ferry la queue s'allonge déjà mais les dockers appellent rapidement les motos et nous placent dans les recoins inutilisables pour des voitures, la Faz se retrouve ficelée à une rembarde dans une coursive, à se demander pourquoi je paye pour la moto :-D.
Je monte trouver mon pont et ma place, je me retrouve dans une espèce de grande salle pleine de fauteuils alignés, façon avion en plus large, pas de hublot, c'est un peu tristounet. Je trouve une rangée libre et je m'étale un peu histoire de décourager les éventuels candidats pour les places d'à côté. C'est de là que j'écris ces lignes, je ne sais pas trop quand on arrive demain. Un jeune couple s'installe avec un bébé, j'espère qu'il dormira bien et nous aussi...
Avant de me coucher, je monte sur le pont voir la sortie du port et le coucher du soleil, il fait très bon et le vent marin n'est pas trop frais. Je rencontre un couple de Français avec qui on discute, notamment des ferry qui font Sardaigne-Corse car je n'ai pas envie de me retrouver un peu coincé comme à Trapani. Une fois le port quitté, je redescend à la cabine.
Finalement il y a pas mal de places libres, je décide donc de m'installer pour de bon, gonflage du matelas pneumatique, je glisse dans le duvet et je m'endors rapidement.

Dimanche 4 mai          Revenir au début

Au petit matin je me réveille, j'ai très bien dormi, bercé par le bateau, ça m'a rappelé mon service. Tout le monde n'a pas passé une aussi bonne nuit que moi, notamment les petites italiennes qui riaient en me voyant installer mon camping et qui sont maintenant en train de somnoler pliées en 4 sur un fauteuil.
Après avoir refait mon sac je monte sur le pont pour voir le soleil se lever et la Sardaigne se dévoiler, je retrouve le Français que j'ai croisé hier en fin de journée, il me montre sa carte de la Sardaigne, et je mémorise les endroits d'où partent les ferries, Porto Torres, Santa Teresa di Gailura, etc. Je n'ai pas encore plannifié mon road, contrairement à jusqu'à maintenant, Sardaigne et Corse rien de prévu, sauf du plaisir! Et je viserai Porto Torres en premier afin de trouver mon ferry rapidement afin d'être fixé.
La Sardaigne est visible sur tribord, mais il y a encore beaucoup de brume et le temps est gris. C'est une longue forme grise et mystérieuse dont on ne devine pas à quoi elle va ressembler.
9h00 le ferry accoste à Cagliari, j'adore ces arrivées portuaires, cette descente sur un sol inconnu au petit matin et l'excitation de la découverte qui monte en moi. Avec le bateau on se sent voyager, au contraire de l'avion où la transition n'existe pas entre le départ et l'arrivée, où le choc se fait brutalement lorsqu'on franchit la porte de l'aéroport et qu'on réalise qu'on est plus à Roissy ou Orly. En bateau on vit le voyage, on peut regarder la mer défiler le long de la coque, contempler les étoiles sur le pont, à l'arrivée et au départ on participe en pensée au travail des marins que l'on voit s'accomplir devant soi, on savoure le ballet des petits remorqueurs, l'amarrage, tout le cérémonial du quai et enfin, la descente tant attendue.
J'attends patiemment que toutes les voitures sortent, mais finalement la moto est assez rapidement libérée et à 9h30 je foule la Sardaigne de mes pneus. Un petit tour au Bancomat et je m'extrais de Cagliari par la voie rapide.
Quelques kilomètres plus loin, sortie Siliqua et après un peu de recherche dans le village je trouve ma direction: Narcao/Carbonia. En quelques minutes, je me retrouve sur une route de rêve, celle qu'on voit en photo dans les publicités pour les voitures ou les motos, bitume tout neuf, noir comme l'encre de chine, bandes blanches neuves et éblouissantes et surtout, des virages dans tous les sens qui s'enchainent à merveille dans un paysage de petites buttes rocailleuses dans des tons rouge-bleu, métalliques, parsemées d'arbustes aux couleurs dégradées du vert vif au rouge sombre en passant par l'orange. Entre chaque butte de pierre, à droite ou à gauche de la route, de petis lacs d'un bleu très sombre.
A l'heure où je tappe ce texte sur l'ordinateur, soit plus de 2 ans et demi après le voyage, je garde encore un souvenir vif de cette route et je n'ai depuis jamais revu de route aussi belle pour la moto, pour les voyageurs qui s'aventureraient par là, il s'agit de la S293 entre Siliqua et Giba.
La route entre Giba et Gonessa est moins belle, moins de relief, plus près de la côte, cependant je ne connais pas de route qui tienne la comparaison avec la S293, et malgré tout la route est belle, plus roulante par contre, j'en profite pour faire grimper la moyenne.
Après Gonessa ça recommence à monter et descendre, d'Iglesias à Guspini, 52km de bonheur (sauf pour les pneus) malheureusement je suis à bout de piles et je ne peux presque pas prendre de photos et puis c'est dur de s'arrêter quand la route est si bonne.
A Iglesias j'ai fait le plein et j'ai croisé un motard allemand (la plupart des motards que j'ai croisés loin de chez eux étaient des Allemands). Ici pour faire le plein pas de carte bleue, on glisse un billet dans la pompe à essence et on est crédité de la quantité d'essence correspondante, je ne sais pas comment on fait si jamais on a mis trop d'argent, du coup je fais des petits pleins réguliers pour être tranquille.
De Guspini à Santa Catarina Pittinuri, c'est de la ligne droite, toute plate, au milieu des marécages de bords de mer et quelques grosses usines, inutile de préciser que la moyenne monte mais pas le plaisir. A Santa Catarina, on retrouve du relief et une fois franchi le "col" l'influence maritime se fait enfin sentir, l'air perd de nombreux degrés et une sensation de fraicheur fait suite à la scéance de sèche-cheveux géant qui a prévalu jusque là.
Cuglieri, Suni, Bosa, ça tourne gentiment, surplombant tantôt la mer, tantôt les terres, très belle roche dans les tons ocre et rouge qui contraste avec les buissons multicolores.
Vient ensuite la route pour Alghero et avec elle une grosse colline (ou une petite montagne) à franchir, virolos, lacets et tutti quanti, les pneus souffrent, le pilote est aux anges, je croise encore quelques vaches baguenaudant sur la chaussée, bonne préparation pour la Corse dont il parait que c'est la spécialité.
Je file ensuite directement sur Porto Torres, tout droit, tout plat!
Arrivé à l'Imbarco, je ne vois que des destinations pour Genova, Livorno, etc qui ne m'intéressent guère. Je poursuis ma route vers Santa Teresa di Gailura où j'espère trouver un ferry pour la Corse avant le mois prochain.
Belle route roulante en bord de mer, le relief et les baies et criques me donnent du virage à l'envie, de nombreuses tours génoises gardent les caps, je traverse aussi des forêts de pin, où de nombreuses entrées de camping me rassurent quant à l'éventuelle recherche de camping après avoir trouvé mon ferry.
En arrivant sur Santa Teresa, je vois "Imbarco Corsica" sur ma droite, le temps de faire le plein, je suis la flèche et je débouche au fond d'un "aber" comme on dit en Bretagne où un petit ferry est en partance. Il est 16h45, le ferry part à 17h00, j'achète un ticket (21€) et hop tout le monde à bord, je suis le dernier à embarquer, je dors en Corse ce soir!
On peut pas dire que j'ai perdu mon temps en Sardaigne, limite j'ai honte, mais bon j'y ai trouvé la plus belle route du monde, j'ai bien profité des autres routes et ça me donne un prétexte pour revenir plus longuement.
La Corse apparait très vite, la blancheur des falaises de Bonifaccio se détache sur la mer bleue. 1h pus tard, le ferry franchit la passe et se glisse dans le couloir étroit et sinueux, du temps de la marine à voile ça devait être une rude affaire d'y accoster, mais par contre quel abri et quelle place forte! Nous passons devant de beaux yachts au mouillage forain dans de petites calanques à l'eau turquoise et nous accostons quelques minutes plus tard. Je descend du ferry avec miss Fazer et en route pour la Corse!
Sur le ferry, j'ai appelé une copine de Paris (Nana, si tu me lis ;-)) pour qu'elle envoie un mail à Did un autre collègue de forum motard, afin qu'elle lui passe le mot que je suis arrivé en Corse et qu'il m'appelle ou me laisse son numéro de portable.
J'achète une carte routière juste avant de quitter Bonifaccio et je file par la nationale en direction d'Ajaccio. En Corse nationale n'est pas synonime de grosse route toute droite comme c'est souvent le cas en France et je me régale, je suis des locaux en voiture qui roulent suffisamment vite pour mon état de fatigue. Le soleil descend petit-à-petit offrant de beaux jeux de lumière sur les criques et la roche.
Petite pause à Propriano, le temps de voir un gros ferry quitter la baie, un coup d'oeil sur le portable pour voir si Did m'a laissé un message, RAS.
Je continue vers Ajaccio où j'arrive vers 20h30, je me pose sur une place près du cour Napoléon et je regarde à nouveau le portable. Ah! Message de Did, mais il ne me laisse pas son numéro, pas possible de le rappeler. Bon je file à la recherche d'un camping et j'en trouve un à Portichio, encore avec un sol en béton-gravier, mais bon j'arrive quand même à enfoncer mes sardines à coup de pierre et de toute façon le matelas gonflable me procure des nuits douces quelque soit le sol. Une bonne douche plus tard, je suis dans le duvet et je dors!

Lundi 5 mai          Revenir au début

Je quitte le camping et la dame de l'accueil me conseille quelques coins: Porto, Corte, les Calanches de Piana, etc. Bah, on va faire ça, ça a l'air sympa, mais j'aimerais bien croiser Did avant. Retour sur la place d'hier, il est 10h, toujours pas de news de Did, j'en profite pour tailler une bavette avec un motard de Tarbes qui rôde sur son Hayabusa Black Series et qui attend ses collègues. Ils sont venus en bande en Corse. Les collègues arrivent, on continue à discuter un peu, je me renseigne sur les garages du coin où je pourrais changer mon pneu arrière, un lundi c'est pas évident.
Pas de news de Did, je pars voir les Iles Sanguinaires, quelques photos et je reviens sur Ajaccio, toujours par de Did. Je pars en quête d'un garage, mon pneu arrière est lisse sur les côtés et se fend sur la bande de roulement, pas possible de finir la Corse avec un pneu aussi limite. Comme on est lundi toutes les concessions et mécanos sont fermés... Et je tourne en rond, si seulement Did pouvait me contacter, j'ai mis un message spécial pour lui sur le répondeur en lui disant que je cherche à changer mon pneu, ce message restera quelque temps, à la surprise des personnes qui m'appellent. Je retourne sur la place où je retrouve les Tarbais, pas eu Did, pas de pneu neuf...
Sur leurs conseils je me mets en quête de généralistes, genre Point S, finalement j'atteris chez Corse Echappement, "D207? oui il m'en reste un mais il est au stock" bon ok, combien? "230 équilibré-monté" arg je me tire une balle! bon allez banco, j'ai pas trop le choix. Le mécano démonte la roue et un autre part chercher le pneu. Une heure plus tard, le pneu est là, mais c'est un D205 au lieu d'un D207! Je le dis au gars qui va voir le chef d'atelier, "c'est pareil" mon oeil il me prend pour un lapin de 6 semaines celui-là, bon allez ça ira bien et puis avec la température qu'il fait pas trop de souci pour le grip. Et l'autre qui me gonfle le pneu à l'azote!! N'importe quoi!
Je repars avec ma (supposée) savonette, je me console en me disant qu'il tiendra bien 12.000km, ça compensera un peu le surcoût (150€ dans les bonnes crèmeries). Je file vers Calvi par la côte en passant par Piana.
La route est superbe et vers 16h j'arrive aux Calanches, on ne m'avait pas menti c'est un bel endroit, la pierre est orange et la route taillée dans la roche d'une falaise abrupte plongeant dans la mer, la vue est vertigineusement sympathique! Je grimpe sur une colline voisine pour prendre des photos d'ensemble.
Je descends ensuite au fond de l'anse de Ficajola où la dernière partie se fait en 10 minutes de marche à pied dans un sentier pour chèvre corse, mais qui mène à une très jolie petite plage nichée au pied des Callanches. Je m'offre une pause dans ce petit bout de paradis.
En remontant, je pars vers la plage d'Arone, tout au bout à côté du Cap Rosso, pause Coca glacé sur la colline surplombant le cap, un vrai bonheur et je descend jusqu'à la plage.
Retour sur la route des Calanches, traversée au milieu des murs de pierre rougis par le soleil qui se couche et direction Porto. A Porto je continue sur la route de la côte vers Calvi mais elle est loin d'être aussi bonne que pour aller jusqu'aux Calanches, le bitume est complètement défoncé, des zones de travaux où il ne reste que de la terre et des gravats à la place de la route, les vaches qui se baladent, je suis content d'être sur un roadster à peu près confortable!
On arrive à Galéria (qui porte bien son nom), à nouveau 2 directions pour Calvi: Par la côte: 32km ou direct 27km. Chu pas une lopette! en avant par la côte! Et puis je veux voir le soleil se coucher sur la mer donc le choix est vite fait.
Pour un peu je regretterai mon choix, la route est vraiment bosselée! Mais le décor est toujours aussi beau et le soleil couchant m'offre de belles lumières. Ca fait une belle jambe à mon fessier endolori mais je ne lui demande pas son avis.
Enfin, quelques kilomètres avant Calvi, la route devient lisse comme du billard, j'ai l'impression d'être sur un tapis volant, les virages ne sont pas en reste et dans ce début de crépuscule le plaisir est au maximum, d'autant que la température redevient civilisée. Pa rapport aux Calanches tout a changé, le relief est bien mois élevé, la pierre est blanche, de nombreuses criques font s'enrouler la route, un régal de motard.
A l'entrée de Calvi je trouve un camping impec, personne à l'accueil, je m'installe à côté d'autres motards et après avoir monté la tente, je file sous la douche. Je profite des prises pour rasoir pour recharger la batterie du téléphone ainsi que les piles de l'appareil photo qui sont à plat.
Pour le dîner, je file sur le port de Calvi, la moto toute légère sans les bagages, je trouve une petite pizzeria où je commande une pizza Vésuve (hot), pas mauvaise mais pas bien grande, accompagnée d'un Coca glacé pour rafraichir tout ça.
Retour sous la tente, je m'endors plein de paysages en tête, bercé par le ressac.

Mardi 6 mai          Revenir au début

Lever 7h30, petite douche, le temps est doux, agréable, la vue du camping sur la mer, très sympa, je reviendrai ici si je reviens en Corse (quand je reviendrai en Corse! plutôt :-D). Le temps de remballer le matos je passe à la réception, 7€ seulement? ah oui je reviendrai :-D j'en profite pour m'envoyer un petit Coca glacé en prévision des chaleurs à venir.
Ensuite je pars sur Calvi, je traverse la ville et je prends la N197 direction Ile Rousse. Après quelques kilomètres de ligne droite on arrive à Lumio et le relief transforme la route en terrain de jeu. Peu de temps après, Ile Rousse, la route continue le long de la mer avec beaucoup de beaux panoramas.
Puis vient le moment de prendre la D81 et ô joie! elle a l'air toute neuve! Ils ont refait la route du désert des Agriates qu'on m'avait annoncée pourrie. La route est excellente et passées quelques chicanes mobiles je m'éclate comme un fou. Arrivé au bout des 16 premiers kilomètres, je décide que je n'ai pas pris assez de photos, la belle excuse... (tellement occupé à me faire plaisir) et je fais demi-tour, c'est reparti pour le manège enchanté.
Ah mais tout de même il faut que j'aille à Bastia, c'est pas tout ça, et hop j'en remets une couche dans l'autre sens, finalement ce D205 est plutôt agréable et tient très bien, ah tiens il est même dé-parafiné jusqu'au bord, bien ça :-D. Je croise pas mal de copains à deux-roues qui s'amusent aussi, V les gars!
En sortant de cette route, je prends celle qui monte au col de Teghime à 536m au dessus de la mer, montée sympa, bon bitume, route large ça envoie du paté. D'en haut on domine le désert des Agriates d'un côté et Bastia et l'étang de Biguglia. Je prends des photos et je me balade de part et d'autre du col puis j'entame la descente sur Bastia.
Arrivé en bas, je regarde l'heure et je fais le point, il me reste 7h30 avant le ferry pour Marseille, de quoi rouler encore pas mal! Je décide de faire un tour au Cap Corse.
Si le début de la route est un peu encombré, la suite devient vite géniale, des virages en continu qui s'enchainent pendant plus de 30 kilomètres, des courbes moyennes, bien calé sur l'angle, le D205 est mis à l'épreuve (et validé). Régalade dans un paysage superbe, de criques en cap, planté de tours fortifiées gardant l'eau turquoise aux abords des petits patelins.
Je m'arrête à Macinaggio et je décide de la prendre dans l'autre sens (miam encore!). A nouveau je me gave de virages, je manque de me prendre un camion dans un droit un peu sec où je suis un peu large, mais ça passe en serrant un peu les fesses (et en ne regardant surtout pas le camion :-B). De retour à Bastia il me reste 6h! bon bah je refais le cap et cette fois je reviens par l'autre côte.
Rebelotte jusqu'à Macinaggio mais là je continue vers Ersa, je prends ensuite la route pour Barcaggio, elle devient plus étroite et sauvage, pas mal de biquettes et de vaches sur les bas-côtés. Vue magnifique en arrivant sur la mer, couleurs d'eau somptueuses et ile de Giraglia d'un blanc éclatant avec son phare. Quelques photos s'imposent avant de poursuivre la route de l'autre côté du cap Corse.
Je passe par Luri, le col de Sainte Lucie, jusqu'au col la route est nickelle, toute neuve, pas encore de bandes blanches mais le col passé retour à la tôle ondulée. Les vues sur la mer par contre sont magnifiques.
Quelques bus bouchonnent à 20km/h et c'est souvent difficile de les doubler vu qu'eux mêmes sont parfois obligés de manoeuvrer pour passer certains virages, heureusement ils s'arrêtent pour laisser tout le monde les doubler. Je prends encore et toujours des photos de ces paysages superbes. J'aperçois de belles plages de sable noir, ça doit être difficile d'y marcher nu-pieds l'été...
Avant de rejoindre la route du col de Teghime, je coupe par Farinola pour éviter les travaux de Patrimonio, à nouveau la belle grimpette pour arriver au col, par contre au sommet le vent souffle extrèmement fort, déjà sur la côte ça soufflait bien mais là le vent s'engouffre dans le col pour franchir la montagne, j'ai cru tomber de moto!.
Descente sur Bastia sans histoire, il me reste 1h30 avant le ferry, je passe au lavomatique et je lave tout ce que je peux, ça ne fait pas de mal. Après, le temps de passer chez Géant acheter de quoi grignotter sur le ferry, il est l'heure d'embarquer.
Je passe rapidement le contrôle du Napoléon Bonaparte, on attache la moto et je monte trouver mon siège. En fait le salon "Rubis" est vide aux 3/4, je m'installe où je veux, ô joie bonheur il y a des prises de courant et du jus! J'en profite pour charger le portable et appeler rapidement Pyrou et Papyfull (;-)) pour leur dire où et quand j'arrive, je charge aussi les piles de l'appareil photo, je vais pouvoir mitrailler demain!
Ensuite je pars me promener sur le bateau qui a quitté le port, je regarde la Corse s'éloigner dans la lumière du crépuscule. Au niveau du pont 10, il y a une piscine mais elle est vide, par contre qui dit piscine, dit vestiaire et surtout douche! Je trouve rapidement les douches, il y a de l'eau! Je descends discrètement chercher mes affaires de toilette et je me prends une petite douche rapido. Je ne suis pas sûr du tout que j'ai le droit mais bon, c'est pas non plus marqué le contraire et j'en avais besoin.
Retour au salon Rubis, ni une ni deux j'applique la technique "italienne": matelas gonflable, duvet et c'est parti pour une bonne nuit! Demain Marseille et miss Pyrou qui sera là à 7h15 pour m'accueillir, sympa!

~ FIN ~
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