course de SUP du Grand Prix Guyader, bon vent, soleil et mer formée.

Spot Baie de Douarnenez - France/Bretagne/Finistère (29)
Vmax6.55km/hV5x10s--nds
Distance25.0kmV500m4.56nds
Durée4h22m17s

Course de SUP du Grand Prix Guyader, bon vent, soleil et mer formée.


Attention, y'a du lourd sur ce compte-rendu, tant en longueur qu'en contenu, calez-vous bien dans le siège, et suivez-moi :).


Petite intro sur le Grand Prix Guyader tout d'abord, cette épreuve réunit en baie de Douarnenez, pendant plus de 15 jours, de très nombreuses disciplines en voile, du multi-coques de course océanique au kite-surf, en passant par le Dragon, pour des régates mixtes ou par série. C'est la continuité du Grand Prix Petit Navire. Il y a notamment une épreuve de vitesse ouverte à tous les supports qui voit s'affronter sur le même run windsurfers, kite-surfers, maxi-trimarans, mono-coques IMOCA... Bref du beau spectacle sur l'eau, soutenu par une organisation très rodée à terre. En prime, le Grand Prix fait la part belle au public en offrant du spectacle à proximité du port et de nombreuses animations sont accessibles tous les WE.


Je vous invite à vous balader sur le site du Grand Prix Guyader pour plus d'infos: www.grandprixguyader.com .


Cette année, sous l'impulsion de Bruno André, le Stand Up Paddle a eu l'opportunité de marquer le Grand Prix de sa présence et Bruno nous a concocté une belle épreuve, épaulé par Fabienne d'Ortolli. De nombreux riders ont répondu à l'appel et le niveau était très élevé en tête avec un sacré plateau de prétendants à la victoire. En prime de beaux prize money étaient alignés, de quoi aiguiser les appétits et les motivations des guerriers du WE.


Pour moi c'était la première épreuve de SUP de l'année, et la première en SUP Race tout court, et c'est d'ailleurs en vue de cette épreuve que j'avais demandé à Bruno de me prêter une Nah Skwell 12'6 et pour cette épreuve que je m'entraine régulièrement en race, avec depuis le 4 février, 42 sessions à son bord, environ 350km parcourus et 57h dessus.


Côté préparation, je ne peux pas dire que j'ai fait tout ce qu'il fallait, d'une part s'entrainer en solo en baie de Concarneau, ça manque d'émulation et de l'autre de repères aussi pour avoir une idée des performances réalisées en compétition. A l'exception d'une sortie en compagnie de Fred et de la consultation d'un forum de SUP pour avoir quelques infos sur les perfs des uns et des autres, je naviguais dans le flou, maintenant je sais... ^^


En prime, soirée à la maison la veille, bien sympa mais pas forcément idéale pour se reposer, et j'ai fait ma session du jour à la suite de la soirée, du coup j'étais encore à l'eau le 14 après minuit, au lieu de dormir. Par dessus une mauvaise nuit, petit stress d'avant compète, pourtant l'enjeu pour moi ne pesait pas lourd, j'y allais avec la fleur au fusil mais bon, sommeil très moyen, réveil très tôt.


7h30, 200gr de pates en guise de petit dej, plus une banane, et je prépare le reste de mes affaires, notamment la poche à eau, où je mets 1L d'eau additionnée de sirop de grenadine (prochain coup je mettrai de la Redbull ^^ ), quelques biscuits et bananes pour la matinée et décollage direction Douarnenez ou plus précisément Tréboul où a lieu l'évènement.


Route sans histoire, après une brêve pause sur Quimper pour livrer un gréement de planche, j'arrive sur place à 8h54, un peu trop tôt mais bon, la validation des inscriptions étant de 9h à 1h, j'arrive pour 9h, toute façon je suis réveillé depuis 6h donc... Inscription validée, dossard, le t-shirt de l'évènement (sympa!) et petit sac Guyader avec un paté de la mer, des docs sur les sponsors ainsi que des produits Weleda, un petit shot de Redbull et un sandwich pour le midi que je laisse car il est généreusement tartiné de beurre, et le beurre c'est pas mon copain, je mangerai mes bananes :). S'ensuit un long moment de glandage, je tente une sieste dans le camion pour rattraper la nuit, je ne sais pas si j'ai dormi mais ça a passé le temps jusqu'au brieffing où Bruno nous détaille le parcours et les règles de course.


Le parcours fixé est un "downwind" de Morgat à Douarnenez, en virant une bouée au large de la plage de Pentrez, les Affaires Maritimes n'ayant pas autorisé la traversée en ligne droite de Morgat à Douarnenez. Et c'est bien dommage, voir la suite...


Rendez-vous donc à Morgat pour tout le monde avec le matos, ça covoiture dans la mesure du possible, les chauffeurs seront ramenés en bus à Morgat à l'issue de la compétition, tout est prévu ;)


On sent la motivation, tout le monde est à l'eau rapidement, certains s'échauffent très sérieusement sur la plage, d'autres rament, Bruno rameute la horde pour former la ligne de départ et on attend tous que le bateau comité daigne envoyer ses drapeaux pour le décompte mais on ne voit rien venir. Finalement un bateau sort du port avec des mâts et des drapeaux en berne, ah ben ça doit être celui-ci et pas celui à qui on fait des signes depuis 5min ^^ (vu de mon coin de ligne de départ).


Départ donné tout le monde se rue en avant comme s'il s'agissait d'un sprint de 100m, sans doute pour prendre l'avantage sur les adversaires le plus tôt possible, je me glisse tranquillement derrière, profitant de certains sillages pour accélérer et je me fais pas distancer trop vite.


Je repère rapidement Bruno et je me cale dans son sillage (enfin quelques 10aines de mètres derrière) en me disant qu'il connait le parcours comme sa poche et que suivre sa stratégie est une bonne option.


Le vent est nettement travers sur babord, assez fort dans les rafales, je ne rame qu'à droite, un peu de clapot mais pas de houle sur le début du parcours. Je m'autorise de temps en temps un petit coup de rame à gauche pour soulager le côté droit et ça me permet aussi d'accélérer car ça me met le vent plus dans le dos, ainsi que le clapot, mais jamais très longtemps car je perds au vent en faisant ça et ne voyant pas où est la bouée à virer pour l'instant, je préfère serrer le vent pour abattre sur la bouée qu'avoir du vent à remonter si je l'aperçois trop sur ma gauche.


Devant la meute commence à bien s'étaler, aussi bien vers l'avant qu'en latéral, les options sont multiples, certains sont à la limite du pointillé de bateaux qui délimitent la zone hors course sous le vent, d'autres très au vent, comme Bruno, et entre les 2 y'a de tout. Y'a du monde derrière moi, ça fait plaisir et ça motive.


Je continue à lutter pour pas perdre au vent et progressivement un peu de houle venant de l'arrière nous aide à progresser vers la bouée que je ne vois toujours pas. Petit plaisir également, j'observe des chutes devant moi, et pas pour des débutants, je serre les fesses pas de chute pour moi jusque là, pourvu que ça dure ^^. C'est toujours ça de pris pour moins perdre de temps.


Avec le temps les écarts se creusent avec les concurrents autour de moi, je regarde peu en arrière mais je vois souvent Liz assez loin sous le vent, un peu sur l'arrière, et devant ça s'éloigne irrésistiblement, je ne vois plus la tête de course, à peine quelques bateaux et juste le gars devant moi, parfois le reflet du soleil sur des pagaies au loin devant, toujours pas de bouée en vue. A mon vent et en retrait un bateau accompagnateur, présence discrète mais rassurante, qui a le bon goût de ne pas me mettre sous son vent, m'évitant de respirer son pot d'échappement, et aussi de ne pas encombrer mon champ visuel, ce qui perturbe la concentration. J'en profite au passage pour saluer les bateaux accompagnateurs qui ont fait leur boulot de façon discrète et efficace, sans gêner mais en étant présents et disponibles, bravo à tous ces bénévoles, notamment pour leur patience, plus de 3h30 à l'eau pour les derniers concurrents fallait tenir le coup.


Après une phase de vent bien serré pendant plusieurs km, je me laisse aller un moment sur une allure plus abattue et je profite de nombreux bumps pour partir en surf et me reposer un peu de la traction permanente et du même côté, mais ne voyant toujours pas la bouée je reste prudent et je resserre le vent régulièrement, bien m'en prend car quand enfin j'aperçois cette fichue bouée, elle est droit devant moi et pas tant que ça sous mon vent, moi qui comptait profiter d'un bon coup de downwind pour la franchir, c'est rapé, je serre le vent jusqu'à la bouée que je frôle avant d'enfin pivoter en direction de Douarnenez après 14,5km de rame à droite.


En regardant ma trace, je vois que j'ai fait 500m de plus que nécessaire pour atteindre la bouée, ça va ça aurait pu être pire :).


Grand plaisir de l'avoir enfin atteinte et aussi de pouvoir changer de côté de pagaie, par contre je me rends compte maintenant que si le vent a changé de côté et se trouve maintenant en gros de 3/4 arrière, ce qui est pas mal, la houle elle, est de côté, parallèle à la trajectoire à suivre, et donc insurfable en gardant le cap. Du coup je passe quasiment mon temps sur ce bord là, à ramer à gauche et pire, de côté, pour contrer l'effet de la houle qui me pousse vers l'est tout le temps. Très innefficace sur ce bord puisque j'utilise la majeure partie de mon énergie à contrer la houle et non à me propulser vers l'avant. Pour me donner du courage, j'avale le shot de Redbull qui était dans le panier garni, m'attendait à pire niveau goût et à mieux niveau effet, quoi c'est pas la potion magique d'Astérix? Déçu ^^. En prime je vais même faire mon unique chute du parcours peu après, zut! Allez on pagaie, le plus dur est passé!


En écoutant les pros après la course, j'ai compris qu'ils ont passé leur temps à zig-zaguer pour aller un coup contre le vent et la houle, un coup avec en surf, en dent de scie, alors que moi j'ai plus opté pour l'option contre le vent et la houle jusqu'à pouvoir terminer le bord en downwind avec la houle, sans doute pas le plus pertinent ni le plus reposant, mais bien moins technique à faire.


En direction de Douarnenez, c'était facile de savoir où aller, la ville et ses clochers sont bien visibles et ça change du bord d'avant où j'ai découvert la position de la bouée 15min avant de la franchir, là le cap principal est clair. Reste une incertitude pour l'instant sur la position de l'Ile Tristan qu'on doit contourner pour l'arrivée et que je ne distingue pas pour l'instant du continent, mon concurrent précédent est toujours en vue, ainsi que le bateau qui le suit, il cape bien, c'est ma stratégie aussi, donc je continue à le suivre, j'ai changé de bateau accompagnant en passant la bouée, pour un autre, tout aussi discret qui me suivra jusqu'à l'île.


A quelques kilomètres de l'île un doute m'assaille, je vois le gars devant qui se dirige vers l'entrée du chenal, il cape encore? il pourrait déjà downwinder pour laisser l'île sur sa droite, tel que mes souvenirs du brieffing me l'indiquent, mais je le vois piquer vers le chenal à tribord de l'île. Du coup je hèle le bateau qui est près de moi et je lui demande confirmation pour le passage de l'île, je passe à droite ou à gauche? pour moi c'est à gauche que je dois passer mais voyant mon concurrent devant et son bateau se diriger à droite, je n'ai plus les idées claires. Le bateau me confirme que je dois passer à droite de l'île, bon, ben zou alors, pas de downwind tout de suite, je continue pour passer à droite.


Avant d'entrer dans le chenal je croise la route de nombreux kites de race qui sont en procédure de départ, les croisements se font bien, ils me laissent passer pour la plupart, merci à eux.


Et soudain, au moment où je m'apprête à entrer dans le chenal, un autre bateau accompagnateur vient rapidement à ma rencontre et m'indique que je dois passer par la gauche de l'île! Ah ben j'avais pas fumé au brieffing! Il me dit que si je continue je vais être disqualifié, du coup je repars dans l'autre sens, pas question d'être venu jusqu'ici et de me faire disqualifier! Je vais donc contourner l'île en me demandant ce qu'il adviendra de mon prédécesseur.


Je vois sur ma gauche mais avec de la marge, Fabienne qui arrive elle aussi, du bon côté par contre, mais j'ai le temps de passer devant elle et d'arriver dans le port avec de l'avance, et là qu'elle n'est pas ma surprise de voir Liz Wardley me passer sous le nez en arrivant par le chenal et donc la droite de l'île Tristan! Visiblement personne ne l'a détournée :-/ . Bon après vu mon classement, je me fiche un peu de perdre une place comme ça, mais je trouve ça regrettable que les règles indiquées au brieffing n'aient pas été claires pour tout le monde, concurrents ou bateaux accompagnateurs. Dans l'histoire je perds 3 minutes (voire plus si j'avais pu downwinder plus tôt en visant d'entrée de jeu la gauche de l'île), et une place au classement. Pour Fabienne, qui est passée direct du bon côté, je pense que ça n'aurait pas changé la donne étant donné qu'il y a 4 minutes d'écart, elle aurait fini derrière Liz quand même. Petit regret/déception pour moi sur ce point quand même.


Mais tout ça est vite effacé par la joie de voir l'arrivée se profiler, et malgré un dernier bord dans le port avec le vent en pleine face, j'arrive juste après Liz dans la zone finale, bien content d'en avoir fini.


Etrangement, après un début de course où je peinais pas mal et où je doutais de ma capacité à boucler le parcours, je me sens encore d'attaque pour 10km de plus, mais je suis content que ça se termine!


Côté distance parcourue sur ce bord, j'ai fait 300m de rab du au long zig-zag, et 300m de plus "grâce" au détournement. Ca va pas trop mal capé.


Côté physique le bilan est bon, un peu de tension dans le dos, et un léger échauffement de la paume droite, rien de plus, évidemment une bonne dose de fatigue mais l'inverse ne serait pas normal.


Au final, je finis 30ème sur 35, avec cette place de perdue sur le contournement de l'île et de la perte aussi au niveau du classement, je ne retrouve pas tous les concurrents dans le classement final, peut-être est-il incomplet?


Plus que ma place, je suis surtout très content d'avoir fini, malgré les conditions difficiles, heureusement que j'avais une bonne couche d'entrainement, parce qu'avec mon physique de crevette, je n'aurais jamais pu finir la course autrement. Tout ça me motive sur plusieurs points, notamment à m'entrainer plus et mieux, même si c'est pas évident à faire seul en baie, mais j'aurai moins tendance à chercher la facilité dans mes futures sorties (plat et vent dans le dos contre agité et vent de travers), j'allongerai dans la mesure du possible les distances (après c'est aussi une question de temps et de dispo). Et je vais revoir sérieusement le côté alimentation, d'après mes premiers échanges sur ce point, semblerait que je ne consomme que du carburant pour les muscles et rien pour les construire, normal que mon poids ne progresse pas. Je vais donc m'attaquer à remédier à ça dans les mois qui viennent, j'espère que ça m'apportera la puissance qui me manque.


Côté matos a priori la 12'6 Nah Skwell est plutôt pas mauvaise du tout, peut-être car contre qu'avec mon poids je l'enfonce pas assez dans l'eau, ce qui la rend plus sensible au vent de travers, et je ne maitrise pas encore bien le placement stratégique en fonction de conditions, juste le transfert du poids en avant ou en arrière selon que l'eau pousse ou pas, pour éviter d'enfourner.


Côté pagaie, j'ai vraiment apprécié le volume de ma Gong DP qui m'a régulièrement donné de l'appui dans les phases instables et m'a probablement évité des chutes supplémentaires. Par contre, je commence franchement à me dire que j'aurai tout intérêt à diminuer sa surface, car là je n'avais pas une cadence assez élevée et un effort important et lent à chaque coup de pagaie, vu mon gabarit et comparativement aux pagaies utilisées par les autres concurrents, à mon avis c'est un point important qui reste à travailler. J'ai eu la sensation, tout au long de la course, non pas d'entretenir le mouvement de glisse de la planche, mais à chaque coup de pagaie de la faire reprendre sa vitesse, vitesse perdue avant le prochain coup, au lieu d'entretenir, j'ai rechargé en énergie en permanence, ce qui est épuisant, et sur une distance pareille ça doit pas mal jouer. A creuser donc :)


Après cette rude journée, le bus nous a ramenés à Morgat où nous avons récupéré les camions, dans le bus j'ai comaté à moitié dans les bribes de phrases des autres qui refaisaient la course. De retour sur Tréboul, après une bonne douche, une grosse paëlla nous attendait, je me suis régalé, la dose de langoustines, des p'tites saucisses délicieuses, du rouge et du blanc à table, l'orga s'est pas fichue de nous ^^. Concert ensuite, un peu de blabla et j'ai filé dormir happé par Morphée.

Tracé de la session
Carte de la session du 2011-05-14

Windsurf, SUP, Kayak, VTT, Ski…